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Les cystites du chat




LES CYSTITES DU CHAT


Introduction.

Epidémiologie.

Les signes cliniques.

Les examens complémentaires.

Les traitements.



Introduction


Les atteintes inflammatoires du bas appareil urinaire du chat (ABAU) regroupent plusieurs maladies aux signes cliniques similaires. Ces signes sont ceux d’une cystite (inflammation de la vessie).


Epidémiologie


Les ABAU concernent 0,5 à 1% des chats selon les études. On distingue les atteintes avec obstruction ou sans obstruction urinaire.



L’obstruction urinaire est fréquente chez le chat mâle. L’obstruction est la présence d’un obstacle à l’écoulement de l’urine après la vessie. La vessie se remplit, mais le chat ne peut pas la vider. Les causes d’obstruction sont : un calcul, un bouchon urétral ou un spasme de l’urètre.



Chez le jeune chat adulte (<10 ans), la cystite idiopathique est l’atteinte la plus fréquente (55 à 70% des ABAU). Ce terme regroupe toutes les cystites pour lesquelles aucune cause n’a été trouvée. Le diagnostic est donc établi par exclusion, c'est-à-dire quand les autres causes de cystite ont été rejetées.

Le rôle de virus à l’origine de certaines de ces cystites a été évoqué, mais n’a pas été démontré.

Le stress serait également un facteur déclencheur, ainsi que la rétention urinaire. Les chats d’intérieur seraient prédisposés.



Les calculs urinaires (ou urolithiases) sont la deuxième cause de cystite chez le chat (10 à 30% des ABAU). Un calcul est une formation minérale. La fréquence est identique entre mâles et femelles. L’obstruction est fréquente chez le mâle. Les facteurs favorisants sont : une saturation des urines en cristaux, le pH urinaire, la présence d’initiateurs ou d’inhibiteurs dans la formation des cristaux. Les chats Persans, Bleus de Russie et Himalayens seraient prédisposés.



Les autres causes d’ABAU chez le chat sont : les anomalies anatomiques, les tumeurs, des troubles fonctionnels de la vessie suite à un traumatisme par exemple. Ces causes sont plus rares.

Les infections urinaires sont rares chez le jeune adulte (< 2% des cas chez les chats de moins de 10 ans).

Elles sont plus fréquentes chez le chat de plus de 10 ans : 50% des chats avec une atteinte du bas appareil urinaire. Le plus souvent, elles sont liées à des maladies intercurrentes : insuffisance rénale chronique, hyperthyroïdie, diabète sucré, administration de certains médicaments (corticoïdes, progestatifs, diurétiques). Ces maladies altéreraient les défenses générales et locales.


Les signes cliniques



Les premiers signes sont liés à l’inflammation de la vessie :

  • Augmentation de la fréquence des urines = pollakiurie.
  • Mictions douloureuses en goutte à goutte = strangurie.
  • Mictions en dehors du bac à litière = périurie.
  • Sang dans les urines = hématurie.
  • Léchage de la région génitale.

A l’examen clinique : la vessie est plutôt petite, douloureuse et épaissie chez les chats non obstrués. La vessie est grosse, dure (= globe vésical) et douloureuse chez les chats bouchés. Ces derniers sont anxieux, vocalisent et s’isolent.

Après 24 à 48 heures d’obstruction, des signes liés à une insuffisance rénale aiguë apparaissent : abattement, perte d’appétit, vomissements, troubles du rythme cardiaque, crises convulsives, jusqu’au coma.


Les examens complémentaires




Chez votre vétérinaire, des examens complémentaires sont nécessaires pour rechercher la cause de l’inflammation du bas appareil urinaire et préciser le niveau de maladie du chat.

La densité urinaire des chats est souvent normale, supérieure à 1,035.

La bandelette urinaire indique en général du sang dans les urines (= une hématurie) (souvent visible à l’œil nu), beaucoup de protéines dans les urines (= protéinurie). Lors de calculs, le pH urinaire peut-être une indication sur le type de calcul.

Un culot urinaire est indispensable. Les urines sont centrifugées, et le dépôt est observé au microscope. Les éléments recherchés sont : des cristaux et leur type, les cellules inflammatoires, les bactéries.
Remarque : la présence de cristaux ne veut pas dire qu’il y a des calculs. Elle n’est pas responsable des signes d’ABAU ou de l’obstruction urinaire en cas d’obstruction. Si un calcul est présent, les types de cristaux ne reflètent pas toujours le type de calcul.

Une mise en culture des urines pour rechercher des bactéries est conseillée lorsque des bactéries sont vues au culot urinaire et chez le chat de plus de 10 ans.

Des radios permettent de distinguer des calculs radio-opaques de plus de 3 mm de diamètre (oxalates de calcium, majorité des struvites).

Une échographie de la vessie permet de détecter tous les types de calculs, d’apprécier la paroi de la vessie ou la présence d’une tumeur.

L’endoscopie des voies urinaires (visualisation de l’urètre et de la vessie avec une caméra) permet de visualiser calculs, polypes, modifications de la muqueuse da la vessie. Mais cet examen est peu disponible.

Chez les chats présentant une obstruction, la fonction rénale est évaluée. Ils sont souvent en insuffisance rénale. Le potassium dans le sang peut être également dosé, car l’obstruction s’accompagne d’un excès de potassium qui entraîne des troubles du rythme cardiaque.


Le traitement




Pour un chat présentant une obstruction, la première étape est le sondage urinaire de l’animal pour lever l’obstruction.

Cystite idiopathique



Le traitement repose à ce jour principalement sur des modifications de l’environnement.



Modifications dans le régime alimentaire :

  • Alimentation humide
  • Pas d’excès en calories : prévenir l’obésité.
  • Gamelle dans un endroit calme où le chat est seul
  • Cacher de la nourriture dans divers endroits ou balle libérant les croquettes une par une : activité physique + occupation de prédation.
  • Eau : plusieurs emplacement, fraîche, en mouvement (fontaine à eau pour chats), attention au choix du récipient (les moustaches ne doivent pas toucher les bords). Eau du robinet, eau de source peu minéralisée ou boisson spécifique pour chat (Water Cat®).
  • Si le chat boit du lait : dilution progressive avec de l’eau pour augmenter la prise d’eau.

Modifications de l’espace :

  • Existence de postes d’observation et de couchage en hauteur
  • Lieu de couchage isolé, caché
  • Emplacements pour les griffades
  • Nombreux jeux, changer régulièrement les jouets

Faciliter les mictions urinaires :

  • n + 1 bac (n étant le nombre de chats) : exemples : 2 bacs pour un chat, 4 bacs pour 3 chats
  • pas de litière parfumée
  • éviter tout changement de litière
  • pour essayer une nouvelle litière : 1 bac avec l’ancienne et 1 bac à côté avec la nouvelle pour voir laquelle il préfère
  • un bac à chaque étage si plusieurs étages dans la maison
  • nettoyage régulier du bac, plutôt avec des détergents moyens (liquide vaisselle par exemple)
  • bac dans un endroit calme où le chat à une possibilité de fuite


Il n’y a pas de consensus pour les médicaments à donner.

Les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) pourraient être intéressants contre la douleur : kétoprofène, acide tolfénamique pendant 3-5 jours. Mais ils ne réduiraient pas la durée de l’épisode de cystite.

L’intérêt des corticoïdes n’a pas été démontré à ce jour.

Les antispasmodiques peuvent être également employés, avec les anti-cholinergiques (oxybutinine), les alpha-lytiques (alfuzocine) et les myorelaxants (valium) pour permettre le relâchement de la vessie et de l’urètre. Leur effet bénéfique sur les formes non obstructives n’est pas démontré.

L’amitryptilline est un anti-dépresseur employé dans le traitement de la cystite interstitielle en médecine humaine. A l’essai chez le chat, son emploi est à ce jour peu conseillé d’après les premières études.

Les phéromones seraient intéressantes après enrichissement de l’environnement. Elles modifient l’état émotionnel du chat par action sur le système nerveux central. Le Feliway® est un analogue de synthèse d’une phéromone faciale du chat (la fraction F3). Cette phéromone est déposée par le chat sur les objets quand il se sent en sécurité. Le but du Feliway® est d’apaiser le chat.

Les glycosaminoglycanes (GAG) et leurs précurseurs sont à l’étude. Chez le chat sain, une couche de GAG protège la face interne de la vessie. Cette couche est perturbée lors d’inflammation. L’idée serait de rétablir la couche protectrice de GAG. Leur effet bénéfique est à démontrer.

Calculs



Les calculs de struvite (ou phosphate-ammoniaco-magnésien = PAM) sont les seuls à pouvoir être dissous par une alimentation spécifique. Cette alimentation contient peu de magnésium, peu de phosphore et acidifie les urines. L’aliment doit être donné jusqu’à un mois après la dissolution des calculs. Des contrôles réguliers par le vétérinaire sont donc nécessaires.

Les calculs peuvent aussi être retirés chirurgicalement.

En prévention, une alimentation humide peut être donnée, ou une alimentation de prévention des calculs à struvite (voir avec le vétérinaire).

Les calculs d’oxalates de calcium ne peuvent pas être dissous. S’ils sont trop gros pour passer l’urètre, ils doivent être retirés chirurgicalement.

Les traitements préventifs après un épisode sont peu efficaces. Les récidives sont fréquentes.

Les autres types de calculs (urates d’ammonium, phosphates de calcium, cystine) sont plus rares chez le chat. Leurs traitements sont connus par votre vétérinaire.

Les moyens de prévention sont ceux qui permettent de diminuer la saturation des urines en cristaux et de stabiliser le pH urinaire.

Les modifications de l’environnement citées pour la cystite idiopathique peuvent être aussi appliquées en cas de calcul. Le choix de l’aliment à donner sera fait par le vétérinaire en fonction du type de calcul mis en évidence.

Cystites bactériennes



Traitement anti-inflammatoire, antispasmodique et antibiotique (si possible après culture urinaire et identification des antibiotiques efficaces contre la bactérie).

Les maladies intercurrentes favorisant les infections urinaires chez le chat âgé doivent être recherchées et traitées.


Bibliographie



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GASCHEN F. Actualités sur les urolithiases félines. Le Point Vétérinaire, N° spécial Urologie et Néphrologie des carnivores domestiques, 2001, 104-107.

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GRAVEER GC. Feline lower urinary tract inflammation. In: Small Animal Internal Medicine, 3d ed, Mosby : Saint-Louis, Missouri, 2003, 642-649.

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PECHEREAU D. Infections urinaires chez le chat. Le Point Vétérinaire, N° spécial Urologie et Néphrologie des carnivores domestiques, 2001, 112-115.

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